Dans un décor suggérant l'univers chaleureux, tendre et rugueux d'Allain Leprest, nous serons cinq à interpréter quelques textes d'un des auteurs les plus fulgurants de la chanson francophone. Chanteurs acteurs et musiciens, nous nous accompagnerons mutuellement avec la complicité insolite d'un quatuor de trombones à coulisse...

Nous aimons Allain Leprest et sa façon inimitable, à la fois grave et légère, vibrante et cocasse, de dénicher le lyrisme dans le moindre recoin de notre quotidien. Nous aimons ce regard tour à tour ardent, doux, généreux, rebelle, rude, et toujours fraternel, qu'il porte sur les hommes et leurs faiblesses. Nous aimons son verbe passionné, rocailleux et virulent, riche autant de Villon que de Péguy, de Rabelais que de Colette, de Rimbaud que de Dimey, et dont seront riches à leur tour les auteurs de demain. Nous aimons Allain Leprest car il est l'un des grands poètes d'aujourd'hui.

Avec ce « LEPRESTISSIMO ! », notre désir est de nous réapproprier ses chansons en les jouant comme jamais elles ne l'ont été, faire que chacune d'entre elles soit le prétexte à inventer d'autres sons, d'autres images.

Pour cela, nous avons constitué une petite troupe d'artistes et artisans de la scène : chanteurs, musiciens, comédiens, plasticiens, techniciens uniront leur passion et leur savoir-faire pour accompagner les chansons d'Allain Leprest.
Les accompagner comme le musicien accompagne le chanteur, mais aussi comme l'ami accompagne un ami, une main sur son épaule. Et pour que les mots, les notes et les images se fondent dans une parole commune et citoyenne. Piano, guitares, violoncelle, accordéon, sax, clarinette seront de la fête, ainsi que... quatre trombones parce que, comme le clair et l'obscur ou le pur et le rauque, le rouge et le noir ou le blanc et le chèvre, le cuivre et Leprest, ça devrait bien aller ensemble !

La chanson est faite pour qu'on la chante, pour qu'on la tourne et la détourne, qu'on la retourne et la contourne, bref ! pour qu'on se l'approprie. Quel plus bel hommage peut-on lui rendre que la déshabiller délicatement, lui ôter avec tact sa première tenue afin de lui en passer une autre, différente, d'une autre couleur ou d'une autre coupe... juste pour voir, pour le plaisir, pour la faire rougir un peu ?... Même en osant l'irrévérence, voire l'iconoclasme, on ne lui manquera jamais de respect, bien au contraire ! Et le vieux tube intouché, embourbé dans le sillon poussiéreux de son vinyl, regarde avec mélancolie passer la petite chanson qui a su refaire sa vie...

Gérard Morel et Romain Didier

 

Extrait du spectacle, teaser